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samedi, juin 22, 2024

Enfants : Urgence de développer leur protection sociale

Selon un rapport conjoint de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), la multiplication des crises va plonger un plus grand nombre d’enfants dans la pauvreté d’où l’urgence d’aboutir à des avancées dans le domaine de la protection sociale. La région où l’on constate l’évolution la plus faible est l’Afrique. Actuellement on compte 1,46 milliard d’enfants de moins de 15 ans concernés par cette situation dans le monde. Ce qui entraîne inévitablement des répercussions négatives et à long terme sur les communautés, les sociétés et plus généralement sur les économies.

La protection sociale est un droit humain universel et un fondement essentiel pour aider les enfants les plus vulnérables du monde à réaliser leur potentiel. Le nouveau document rédigé par l’OIT et l’UNICEF, intitulé « Plus d’un milliard de raisons: le besoin urgent de mettre en place une protection sociale universelle pour les enfants », étudie la situation et présente les raisons pour lesquelles un changement doit se produire.

Le monde abrite 2,4 milliards d’enfants qui ont besoin d’une protection sociale adéquate. Cependant, aujourd’hui encore, les enfants risquent deux fois plus que les adultes de vivre dans la pauvreté. Plus de 800 millions d’enfants vivent avec moins de 3,20 dollars par jour; 1,3 milliard avec moins de 5,50 dollars par jour. Plus d’un milliard d’enfants vivent en situation de pauvreté multidimensionnelle, ce qui signifie qu’ils sont privés des dimensions essentielles de l’enfance telles que la santé, l’éducation et la nutrition. Les conséquences sont à la fois immédiates et permanentes: augmentation du risque de violations des droits (travail et mariage des enfants), limitation des aspirations et réduction des perspectives.

Malgré ses impacts immédiats et à long terme, 1,5 milliard d’enfants de moins de 15 ans1 sont actuellement privés d’un accès à la protection sociale. En outre, il est alarmant de constater que les progrès réalisés en vue d’augmenter la couverture effective à l’échelle mondiale stagnent depuis 2016.

Il existe des disparités régionales importantes et troublantes en matière de couverture effective des enfants. La baisse la plus prononcée s’est produite dans la région des Amériques, où la couverture est passée de 63,8% à 57,4%. Ailleurs, le taux de couverture reste relativement faible dans les États arabes, où il s’élève à 15,4%. En Europe et en Asie centrale, il a légèrement diminué en passant de 84,6% à 82,3%. Parmi toutes les régions, c’est en Afrique que la couverture effective reste la plus faible. Le taux y a peu évolué depuis 2016 car il est passé de 12,8%, à 12,6%. En Asie et dans le Pacifique, le taux de couverture reste plus ou moins le même et s’élève actuellement à 18%.

Les difficultés que rencontrent les enfants sont de plus en plus nombreuses. Elles ont été aggravées du fait des impacts continus du COVID-19, de la crise du coût de la vie, d’une plus grande fragilité, des conflits et des déplacements, ainsi que des effets de l’urgence climatique.

Selon les deux organisations, il est primordial d’améliorer la réactivité des systèmes de protection sociale en cas de chocs pour préserver les droits des enfants et mettre un terme à l’accélération de la pauvreté des enfants déclenchée par les crises. Les enfants représentent 41% des 83,9 millions de personnes déplacées de force dans le monde. Le renforcement des systèmes de protection sociale et le développement de systèmes naissants sur les bases créées par l’aide humanitaire pourraient faire partie de la solution.

Pour parvenir à une protection sociale universelle des enfants, il est nécessaire de combler les lacunes grandissantes de la couverture et les décideurs politiques doivent mettre en place une protection sociale pour les enfants et pour ce faire dégager les financements nécessaires.