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jeudi, juillet 18, 2024

Conférence internationale sur le travail

La 111ème session de la Conférence Internationale du Travail, organisée par l’Organisation Internationale du Travail (OIT), s’est tenue à Genève du 5 au 16 juin. La réunion a rassemblé quelque 5.000 délégués représentant les gouvernements, les travailleurs et les employeurs des 187 États Membres de l’OIT. Sous la présidence du ministre du travail du Qatar, la conférence a abordé un large éventail de questions qui auront un impact à long terme sur le monde du travail. La réunion a été marquée par l’adoption d’une nouvelle recommandation sur les apprentissages de qualité, de résolutions, du programme et du budget 2024-2025, non sans problème. Un Sommet sur le monde du travail, qui avait pour thème : « Justice sociale pour tous », s’est tenu les 14 et 15 juin en présence de Chefs d’Etat et de gouvernements.

La 111ème session de la Conférence Internationale du Travail (CIT) s’est ouverte lundi 5 juin à Genève (Suisse). Lors de l’ouverture de l’événement, organisé par la seule agence onusienne tripartite (travailleurs, employeurs et gouvernements), le Directeur général, le togolais Gilbert Houngbo, a souligné la nécessité de créer une coalition pour la justice sociale afin de lutter contre les inégalités croissantes.

Conférence présidée par le Qatar

Le ministre du Travail du Qatar, le Dr Ali bin Samikh Al Marri, a été élu, par consensus, comme le veut l’usage, Président de la 111ème Conférence de l’OIT malgré les critiques de certains syndicats. Le choix du Qatar est lié au fait que conformément à la rotation régionale en vigueur, c’était au tour d’un pays de la région Asie-Pacifique de présider la conférence. Les Etats situés dans cette partie du globe avaient désigné le petit état du Golfe pour les représenter, raison pour laquelle son représentant occupait déjà le poste de vice-président en 2022. La présidente du groupe des travailleurs de l’OIT, la néerlandaise Catelene Passchier, a reconnu les progrès du Qatar et a félicité le pays « d’avoir renforcé son engagement auprès de l’Organisation Internationale du Travail et du mouvement syndical international ». Mais elle a souligné l’importance d’accélérer les réformes.

Importance de l’OIT

L’OIT, avec ses 189 conventions et traités, joue un rôle essentiel dans l’établissement de normes mondiales du travail et la protection des droits des travailleurs. Ces normes couvrent des principes fondamentaux tels que la liberté d’association, la négociation collective, l’élimination du travail forcé et du travail des enfants, ainsi que l’élimination de la discrimination en matière d’emploi. La contribution de l’OIT au droit international du travail est largement reconnue, et ses conférences servent de plateformes cruciales pour l’échange de connaissances, le partage des meilleures pratiques et l’élaboration de politiques qui bénéficient aux travailleurs du monde entier.

Avantages pour les travailleurs

En abordant les principales questions liées au travail, la conférence visait à favoriser des économies durables qui accordent la priorité aux droits et au bien-être des travailleurs. Les discussions et les recommandations formulées au cours de la CIT a contribué à façonner des politiques et des pratiques qui améliorent les conditions de travail, garantissent des salaires équitables et renforcent la protection sociale. En outre, elle a offert aux représentants des travailleurs l’occasion d’exprimer leurs préoccupations et de défendre leurs droits, contribuant ainsi au mouvement syndical mondial.

Une nouvelle norme

Les délégués ont adopté une recommandation sur les apprentissages de qualité. Cette nouvelle norme de travail vise à soutenir « les possibilités offertes aux personnes de tous âges d’acquérir des compétences, de se recycler et de se perfectionner en permanence » sur des marchés du travail en rapide évolution. Elle fournit une définition claire des apprentissages, spécifie des normes ambitieuses pour des apprentissages de qualité, y compris les droits et la protection des apprentis.

Une transition juste

Le comité de discussion générale sur une transition juste a adopté des conclusions qui soulignent la nécessité impérative de progresser pour parvenir à la justice sociale, éradiquer la pauvreté et soutenir le travail décent. Le DG de l’OIT a rappelé la responsabilité de l’organisation de « garantir que la transition juste vers une économie plus durable se fasse de manière équitable ». Il a expliqué qu’il s’agissait « de construire une économie plus verte tout en créant des opportunités et en préservant le bien-être social, où les entreprises durables, où la productivité et le développement des compétences peuvent jouer un rôle crucial ».

Egalité homme/femmes

Les participants à la conférence ont examiné l’étude générale de la Commission d’experts sur la réalisation de l’égalité entre hommes et femmes au travail.  Dans leurs conclusions, les membres tripartites de la commission ont souligné la nécessité urgente d’éliminer toutes les formes de discrimination en matière d’emploi et de profession, de garantir une protection complète et efficace de la maternité et d’assurer le droit des travailleurs ayant des responsabilités familiales d’exercer un emploi.

Programme & budget 2024-2025

Les différences de vues entre Etats-membres de l’OIT sur la question LGBT a empêché, dans un premier temps, l’adoption du programme et du budget (2024-2025) équivalent à 885 millions de dollars. Les divergences importantes se situaient au niveau de la mention dans les textes « d’orientation sexuelle et d’identité de genre ». Finalement un accord a été trouvé. Le document et la résolution réaffirment l’engagement exprimé par tous les mandants tripartites de l’OIT à « combattre toutes les formes de discrimination et d’exclusion, quel qu’en soit le motif, au bénéfice de tous », tout en reconnaissant les « différentes positions exprimées sur certaines questions ».

Sommet sur le monde du travail

Les 14 et 15 juin, 16 chefs d’État et de gouvernement ont participé à un Sommet de haut niveau sur le monde du travail sur le thème de la « justice sociale pour tous » (Suisse, Afrique du Sud, Barbades, Bengladesh, Fidji, Guinée Equatoriale, Kenya, Madagascar, Malte, République centrafricaine, Togo, Tunisie… ). Cela a été l’occasion de discuter sur le projet de création d’une coalition mondiale pour la justice sociale, que le Conseil d’administration du BIT avait accueilli avec intérêt en mars dernier.